samedi 12 mars 2016

Et si je m'asseyais ...

Quand tu me fais part d’une difficulté, d’un problème, en une fraction de seconde, mon cerveau, se met à analyser, trier, me propose un diagnostic puis une solution pour toi. J’ai envie de t’aider bien sûr, parce que " je sais " que je peux t’éclairer de la lumière de ma propre expérience … Sauf que comment pourrais-je poser une action qui va contribuer pour toi tant que je n’ai pas entendu réellement où est "ton problème" ? A m’empresser de te répondre, je risque de passer à coté de ce que tu vis. S’en suivra frustration de ne être parvenue à te soulager et toi tu seras découragé de ne pas avoir été entendu !
Je remarque à quel point il y a en moi cette urgence à faire cesser l’inconfort et cet élan de recherche de solutions tendu vers un résultat immédiat. Pourtant, quand j’écoute cette urgence , elle me parle avec force de mon besoin de confort intérieur et de contribution. Et qu’est-ce qui me permet de goûter le confort, la détente ? De ne pas me tendre à tout prix vers un résultat, de ne pas avoir d’objectif sur ce qui devrait se passer en toi ou en moi. Qu’est ce qui me permet de contribuer avec joie ? D’ avoir de la clarté sur ce que je peux faire pour toi ( as-tu besoin d’empathie ? de soutien ? ) et aussi être en lien avec mes limites à le faire.
Ainsi , dans la détente de ne pas avoir de projet sur toi je peux prendre le temps de t’écouter en étant présente à ce qui te traverse. Et toi, tu as l’espace pour entrer en lien avec ce que tu vis et laisser émerger ton élan de transformation pour poser des actions ajustées pour toi.

dimanche 21 février 2016

L'ORIGINE DES SENTIMENTS.

L'ORIGINE DES SENTIMENTS.

Un jour mon voisin va jouer de la musique et je vais me sentir joyeuse, pleine d’entrain. Un autre jour, il va jouer de la musique et ça va m’agacer, m’énerver. Si je crois que l’autre ou ce qu’il fait est responsable de mon état d’énervement, l’autre devient le problème. Je vais donc le critiquer, le juger de « me faire ça », l’attaquer peut-être même. Je vais mettre mon énergie à l’extérieur de moi pour faire en sorte que cesse ce stimulus. Et il est probable qu’en recevant ces attaques il n’ait pas vraiment l’élan de contribuer à mon bien être...

Parce que je n’ai accès qu’à ce que je perçois : le stimulus et ce qu’il se passe en moi ensuite, tout me porte à croire que l’un est la cause de l’autre. Comment expliquer alors que je puisse ressentir des émotions différentes face à un même stimulus ? La réponse se trouve dans nos besoins. C’est parce que j’ai besoin de calme que je vais me sentir irritée quand tu fais tes gammes de trompette. C’est parce que j’ai besoin de jouer que je vais me sentir pleine d’entrain en entendant ton morceau. La conscience de mes besoins, instant après instant me permet de poser des actions ajustées à ce qu’il se passe en moi. Ainsi, si je vais vers toi consciente de mon besoin, sans te faire comprendre que tu es le problème et la cause de mon état, je peux te faire une demande claire et te donner ainsi une occasion de contribuer à me rendre la vie belle si tu en as l’élan. Et si tu dis non à ma demande, je reste consciente que j’ai à ma disposition mille autres manières de satisfaire mon besoin. Quelle détente en moi et entre nous!

J’imagine un monde où nous apprendrions dès le plus jeune âge à prendre conscience de nos besoins, un monde où serait enseigné comment trouver des solutions pour nous rendre la vie belle quand l’autre ne fait pas ce que je veux, un monde où nous pourrions contribuer librement car nous avons la conscience que ce que ressent l’autre s’origine dans ses besoins et pas dans ce que je fais .

Quel petit pas vais-je faire aujourd’hui pour vivre dans ce monde ?

lundi 1 février 2016

Se pardonner avec la CNV

Ce que j’aime avec la cnv c’est qu’elle me permet non seulement de pacifier mes relations avec les autres mais aussi de pacifier mes relations avec moi-même. Parce que je suis souvent traversée par des jugements sur moi, la cnv m’apporte de la clarté en me permettant d’embrasser mes différentes parts.

Quand , après avoir fait ou dit quelque chose, je me trouve nulle, négligente, indigne d’être aimée, envahie par la honte et la culpabilité, c’est le signe que quelque chose en moi cherche à s’exprimer. Quel besoin crie à travers la part de moi qui me juge si sévèrement ? Une fois que j'ai identifié ce besoin, je peux accueillir les sentiments qui apparaissent quand je prends conscience que mon acte n’a pas contribué a le nourrir. Je ne me condamne plus, je fais le deuil de cet acte qui n’a pas été dans le sens du nourrissement de mon besoin. Ensuite, je peux porter mon attention vers la part de moi qui a commis cet acte. Car cet acte a également été posé pour nourrir un besoin. En le découvrant, en le reconnaissant, en l’embrassant lui aussi je me reconnecte avec la beauté de la vie qui me traverse à travers chacun de mes faits et gestes. Ce que je dis , ce que je fais a toujours pour vocation de nourrir en moi des besoins. Parfois ça marche, mes besoins sont comblés et je suis réjouie. Parfois ça ne marche pas et alors je regrette mon acte. Mais lorsque je parviens à être enfin en lien avec le besoin qui sous-tendait mon acte, je goûte à une compassion infinie pour moi-même . Et depuis cet espace de tendresse je peux enfin trouver d’autres pistes pour agir à l’avenir en tenant compte des besoins de mes différentes parts.

vendredi 1 janvier 2016

toi ET moi



Ma solution, ma façon de voir les choses.  J’ai souvent une idée bien précise de comment devraient être les choses. Alors, j’argumente, je démontre … ou j’impose.   Et le ton monte. Comment peut-il être aussi  étroit d’esprit ? Il ne fait vraiment aucun effort pour changer son point de vue, c’est désolant. J’abdique, il a gagné. C’était perdu d’avance de discuter avec lui. 

 Pourtant, il y a un autre choix que  de gagner ou perdre. Écouter.  Écouter quel besoin si vivant en moi  est à l’origine de cette stratégie que je défends bec et ongles. Parce si je m’accrochais tant à cette stratégie c’est uniquement parce qu’un de mes besoins criait d’être entendu. Et dès que je vois ce besoin, quelle détente !  Ma stratégie initiale, n’est plus si vitale tout à coup.  Ainsi  allégée,  j’ai assez d’espace en moi  pour aller voir sur ta colline quel est ce besoin qui  t’appelle  toi aussi avec tant de force derrière tes mots enflammés.  Oh !  C’était donc ça qui était si vivant en toi !  Ton besoin  je le connais  bien,  il est parfois très présent en moi aussi.  Et ainsi ,  depuis l’espace de nos besoins  reconnus nous pouvons commencer à co-créer ensemble . Co-créer une, deux , mille … solutions qui nourrissent les besoins de chacun. Chacun propose, vérifie comment c’est pour lui, pour l’autre, ajuste,  modifie.  Ça prend du temps.  Ça demande une réelle honnêteté vis à vis de soi instant après instant. Mais quelle joie d'aller à la découverte l'un de l'autre en laissant libre cours à notre créativité  ! Et quelle joie aussi de (re)découvrir qu'une solution qui me comble, peut te combler aussi et que cette solution nous l'avons trouvée ensemble !


Pour 2016, je vous souhaite donc  à tous de joyeuses co-création pour que nous nous rendions tous la vie plus belle.


mardi 22 décembre 2015

NON !

NON ! Une réponse en trois lettres qui suffit parfois à me plonger dans une cascade de réactions en chaine. Je suis abasourdie, quelque chose se crispe, se tend, entre en révolte à l’intérieur de moi . Un flot de pensées contre l’autre se déverse dans ma tête : « Avec tout ce que je fais pour lui, il me dit non, c’est vraiment un égoïste ! » ou bien « Comment cet enfant ose-t-il me dire non, à moi, l’adulte ? » Puis, ces pensées deviennent dirigées contre moi : « Si elle me dit non, c’est que je dois pas être bien importante pour elle . » ou « Je l’ai mérité, c’est ma faute, c’est parce que je suis trop ceci ou cela qu’on me dit non » . Et cette rumination en eau trouble peut durer longtemps … mais désormais j’ai « ma bouée ». Une petite phrase entendue à mon tout premier stage de CNV : "Quand l’autre répond NON à ma demande il dit OUI à son besoin !" Et à cette phrase je m’accroche. A cheval sur ma bouée, je ne suis plus en train de me noyer dans mes pensées stressées. Et je découvre, qu’en me répondant NON, l’autre n’agit pas contre moi, mais pour satisfaire un besoin vivant et précieux pour lui à ce moment là. L’autre n’est jamais entré en guerre avec moi, alors il n'y a plus nécessité de me défendre. Quand je ne dis plus NON au NON de l’autre, je peux enfin dire OUI à mes propres besoins et donner plein d'empathie à la part de moi qui a été si touchée par le NON de l'autre. Et une fois mon réservoir d’empathie rechargé, peut-être aurai-je l’élan de retourner voir l’autre et de lui faire une vraie demande qui tiendra compte de ses besoins et des miens …




vendredi 21 août 2015

Droit au but !



Combien de fois je reçois ce que l’autre me dit sans savoir quoi en faire ? Combien de fois je m’exprime et l’autre répond à côté de ce que je veux ?  Mais c’est vrai ça… qu’est-ce que je veux au fond ?

Pour quelle raison je choisis de m’adresser à quelqu’un ? Quels besoins je cherche à nourrir en te parlant ?
Suis-je tellement stimulée que j’ai besoin d’empathie ? Ai-je envie de célébrer une découverte, une prise de conscience ? Est-ce que je souhaite être en lien et que nous partagions ce qui se passe en  nous ? 

Avec de la clarté sur mon intention, je peux poser une DEMANDE CLAIRE  en lien avec  le besoin qui est vivant en moi dans l’instant  et ainsi maximiser mes chances  d’obtenir ce qui me rendrait la vie plus belle. Et toi, tu as la clarté  de savoir comment embellir ma vie et l’espace pour contribuer si le cœur t’en dit.


Ce dessin est pour moi une façon de célébrer cette découverte : qu’une demande claire lors d’une prise de parole vers autrui permet au bout du compte de satisfaire des besoins chez  chacun. Et si je choisis de partager cet article avec toi c’est que j’aurais beaucoup de joie  à entendre comment il  résonne en toi .


mercredi 29 juillet 2015

Parle plus fort, j'entends rien !



Depuis que j’ai découvert la Communication NonViolente, est apparue en moi une nouvelle dualité : ce qui est CNV et ce qui ne l’est pas .  

Et dans ma tête, se bousculent tout un tas de  nouvelles pensées, du style : "Pour des gens qui connaissent la CNV ils devraient au moins parler de manière CNV . "  "  Excusez-moi si c’est pas très CNV  ce que je vais vous dire… " "Punaise, avec lui, j'arrive vraiment pas à être CNV". Comme si  la CNV était une « manière de parler qui defacto  faisait de celui qui l’emploie un être non violent,  comme si la CNV  était  un état permanent dans lequel je devrais être  si je pratiquais mieux, plus régulièrement, plus assidument .

Puis  un jour une formatrice m’a dit : « Il y a des dialogues plus ou moins ancrés dans la conscience des besoins, mais tout est CNV. » 

Oh!  J’avais simplement oublié de mettre mes oreilles  et mes lunettes girafes.  En fait quand je disais « C’est pas très CNV ce que je vais vous dire »  ça voulait simplement dire «  je vais vous parler depuis un espace où je ne suis pas vraiment en lien avec mes besoins. Alors j’ai compris qu’il n’y avait pas de  « gens qui ne parlent pas en CNV » , il y avait juste un « quand je t’entends dire ce que tu dis , je suis tellement abasourdie que  je n’arrive pas à entendre ce qui se vit en toi »  

Ce que je perçois comme violent ou non-violent, CNV ou pas CNV ,  ne me renseigne pas sur les choses, les gens, les paroles mais me parle de ma limite de l’instant à voir la beauté dans les choses, les gens, les paroles.